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  • Photo du rédacteurquoc hoa doan

Histoire de ponts

Le pont a toujours été un symbole à travers des civilisations. Un symbole du lien qui relie les peuples, les cultures, un lien de la vie sociale, économique, voire religieuse.

 

Le Pont Japonais en est un exemple vivant depuis sa construction au 17ème  siècle à Hôi An, la ville des lanternes, au centre du Vietnam. Il fût construit pour relier la communauté japonaise au quartier chinois. Les commerçants néerlandais et indiens y circulaient fréquemment au temps où la ville était un grand port de commerce. Le pont abrite en son centre un petit temple pour protéger la ville. La garde est assurée à chaque extrémité par des statues de chiens d’un côté et de singes à l’autre bout. Il reste un symbole historique de l’influence du Japon sur cette ville à l’époque.

 



A deux heures de route de Hôi An, dans la ville de Huê, ancienne capitale impériale du Vietnam, le pont Tràng Tiên relie les deux rives de la rivière des Parfums. Cette monumentale œuvre architecturale dirigée par Gustave Eiffel lui-même à la fin du 19ème siècle, ouvre le centre de la ville vers les terres des Rois, et la route des tombeaux impériaux et des pagodes qui bordent la rivière.

 



Plus proche de nous, un petit pont est devenu le symbole du résultat de nos efforts après de longues années de coopération avec l’Hôpital Central de Huê.

 

Les équipes de l’association Les Lampions ont participé à de nombreuses missions de coopération, d’échanges, de formation pour le personnel de pédiatrie et de la maternité de l’hôpital. Mais les obstétriciens et les pédiatres travaillaient dans une géographie isolée. Les bâtiments étaient éloignés, séparés par une grande cour exposée aux vents et à la pluie. Les premiers soins du bébé étaient effectués sur place en salle d’accouchement par les sages femmes mieux formées pour s’occuper des mères que de leurs bébés.

Les nouveau-nés en détresse grave étaient transportés dans les bras de la sage femme, ou dans un panier, à la hâte sans possibilités d’être stabilisé cliniquement. De la maternité, elle traverse la cour pour arriver à pied au 4ème étage, dans l’immeuble de Pédiatrie (ascenseur hors service depuis toujours).

Etant déjà instable, le  pronostic des bébés ne pouvait que s’empirer.

 



L’enjeu de notre action était multiple : préparer pour améliorer les conditions d’accouchement et d’accueil du nouveau-né, mieux former les sages femmes sur place dans la maternité, et dès l’Ecole des Sages Femmes de Huê en intégrant un module d’enseignement complet pour la prise en charge du nouveau né en salle de naissance, mieux former et équiper le personnel pédiatrique et infirmier du service de néonatalogie, imaginer et proposer un transfert adapté et sécurisé des nouveau-nés en situation critique…

 

 Les échanges ont été fructueux, certains pédiatres ont pu venir se former à Montpellier, à Nîmes et ont pris des postes de responsabilité au retour, le rôle des sages femmes a été renforcé concernant les premiers gestes aux nouveau-nés…

 

Le transfert demeurait par contre le maillon faible. Le circuit du transfert n’avait pas pu être sécurisé. Le pédiatre ne pouvait pas intervenir directement en salle d’accouchement et assurer lui-même la suite quand c’était nécessaire.

 

Une coopération obstétrico-néonatale étroite en amont des problèmes pour limiter les situations imprévisibles était impérative. Un protocole technique précis du transfert devait être adopté. Et surtout, un circuit géographique sécurisé devenait indispensable pour optimiser le transport des bébés en détresse sévère.

 

Novembre 2023, avec les chefs de services, nous avons posé pour une photo devant le fameux pont (une passerelle en fait) qui relie directement la salle d’accouchement de la nouvelle maternité de l’Hôpital Central de Huê, au service de réanimation néonatale en face.

Puis une autre photo devant le nouveau service de soins intensifs pour nouveau-nés fragiles au sein même de la maternité, dont la responsable est une pédiatre, Dr Thao Trinh, déjà venue pour une formation au CHU de Montpellier-Nîmes il y a quelques années, avec le soutien des Lampions.

 




Ailleurs, l’idée de ce lieu commun pour la santé de la mère et de l’enfant, le principe de travailler ensemble et en équipe, entre les obstétriciens, les sages femmes et les pédiatres, semble prise en compte de plus en plus par les autorités de la santé du pays.

Les Hôpitaux Mère-Enfant deviennent d’actualité, à l’image du grand Hôpital Mère-Enfant de la ville de Cân Tho, ou du nouvel Hôpital Mère-Enfant de la Ville de Vi-Thanh dans le Mékong, sites de nos actions dès le début des années 2000.

 

La naissance est un instant décisif, avec toute sa complexité. Son issue engage tout ce qui s’est passé avant et tout ce qui risque d’arriver après. Les intervenants doivent être préparés, ensemble et solidaires, pour accompagner cet instant capital de la vie.

 

Pont historique, pont social, pont culturel…



Pont de Vie

  Extrait du Bulletin n°39, à consulter entièrement ici.

 

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